Montage [modifier]
Le montage est une étape critique puisque c'est lui qui donne son sens final au film, son rythme. Dans les grandes compagnies étasuniennes, contrairement au système français, le réalisateur n'assiste généralement pas au montage ; il n'a pas le final cut, le montage est souvent fait par le producteur, qui s'appuie en général sur des considérations purement commerciales, et notamment en favorisant le rythme au détriment du développement de la psychologie des personnages. On voit d'ailleurs parfois ressortir, plusieurs années après, le film avec le director's cut (le montage voulu par le réalisateur), comme par exemple pour Blade Runner de Ridley Scott ; ce mouvement était initialement spontané et le reste dans de nombreux cas, mais on peut toujours se demander dans quelle mesure il ne s'agit pas dans certains cas de redonner une jeunesse commerciale à des produits usés.
On doit distinguer deux types de techniques de montage :
Le montage traditionnel
Les plans tournés, ou rushes, dont les prises retenues par le réalisateur ont été tirées positif sont visionnées afin de sélectionner les meilleures prises ; c'est le « dérushage ».
On manipule alors directement ce premier tirage positif : les plans choisis sont ensuite coupés et collés dans l'ordre, c'est le montage. Ce premier montage est appelé « copie de travail ». Le montage final se fait sur les négatifs, c'est la conformation ; on introduit alors les transitions (fondu au blanc ou au noir, fondu enchaîné, volets) et les éléments truqués. Cette étape du montage-négatif est très délicate ; le négatif étant un exemplaire unique, la moindre dégradation est dramatique. Le tirage du négatif monté sera alors étalonné, c'est-à-dire que le tirage est modulé plan par plan pour corriger l'image en couleur et en densité.
Le montage virtuel
Le négatif du film est numérisé et le montage se fait sur ordinateur, avec une grande souplesse.
La conformation se fait alors avec un imageur, qui va impressionner un négatif du film monté à partir des fichiers informatiques qui sera ensuite tiré positif en série pour l'exploitation. Cette technique permet l'intégration d'images générées virtuellement sur ordinateur (trucages, images de synthèse...). L'étalonnage a lieu en numérique avant la production du négatif par l'imageur.
C'est ce principe, qui permit à Quentin Tarantino de donner cette structure complexe au film Pulp Fiction (1994).
Avec l'arrivée des caméras numériques, on peut maintenant se passer de toute pellicule argentique jusqu'à la sortie sur pellicule avec l'imageur.